Grognards de Napoléon S.R.

Grognards de Napoléon S.R.

Les Grognards de Napoléon ou le 1er régiment des Grenadiers à pied de la Vieille garde impériale.

C’est dans l’enthousiasme de l’après-guerre que Léon Prévot, instituteur à Jumet-Spinoy (la précision est d’importance) décide de créer une société qui évoquera le Premier Empire. Son choix se porte naturellement sur le Premier régiment des Grenadiers à pied de la Vieille garde impériale. Ce régiment, sur le drapeau duquel l’empereur Napoléon posera ses lèvres lors de la première abdication de Fontainebleau, constitue en effet l’élite de l’élite de l’armée napoléonienne.

C'est le 14 juillet 1947 que le 1er régiment des Grenadiers reçoit son drapeau peint par Fernand Thon (Le Rappel, 17 juillet 1947). La cérémonie s'est déroulée dans la cour du château Francq en présence du peintre et de Lucien Laudy.

La société est créée sous le nom de Premier régiment des Grenadiers à pied de la Vieille garde impériale mais, depuis 1953, elle est reprise dans les ordres de marche sous le nom de «Grognards de Napoléon».

Cette société marque l’apparition d’une profonde évolution dans les mentalités. Pour la première fois au sein du Tour se constitue une société pour laquelle l’authenticité et la vérité historique sont au moins équivalentes à l’amour du folklore, ce qui se traduira dans la réalisation des costumes et du drapeau, dans l’équipement et l’armement des marcheurs.
De même, l’apparition de fifres et de tambours révolutionne la «tradition musicale» de la Madeleine qui ne compte jusqu’alors que des fanfares. Et c’est sans compter sur l’effet produit, lors de la Madeleine de 1962, par l’apparition, dans leurs rangs, de la première cantinière du Tour!

Les Grognards au repos, vers le milieu des années cinquante.

Le comité provisoire, constitué après la Madeleine de 1946 se compose de Léon Prévot, Octave Proër et Gabriel Thibaut qui adressent une convocation pour une réunion qui se tiendra, le 18 août, au café Brenner, place Francq. À l’issue de cette assemblée, le registre d’appel porte les noms de Gabriel Dosogne, président, Gabriel Thibaut, vice-président, Léon Prévot, secrétaire, Octave Proër, trésorier, Orphée Debled père, commandant, ainsi que les membres Joseph Anciaux, Georges Bayet, Jean Durieux, Albert Favresse, Georges Maxime, René Chaufoureaux, Albert Kastelein, René Hanon, André Hiernaux, Maurice Masson, François Maucourant et Valère Orban. La Société s’adjoint les services de deux tambours, André et Jacques Thibaut.

Le comité d’honneur est composé de Jean Coyette, juge d’instruction, du pharmacien Bughin et de Fernand Thon, directeur de l’école du Spinoy et artiste-peintre.

Quelques temps plus tard, Gabriel Thibaut accède à la présidence tandis que Raoul Thomas remplace Orphée Debled dans la fonction de commandant des Grognards en 1955. Il cède celle-ci vingt-deux ans plus tard à Raymond Bertrand, entré en 1958, qui devient ainsi le troisième commandant de la société.

Lors de leur fondation en 1946, les Grognards bénéficieront des conseils de Lucien Laudy (à droite), le conservateur du Musée du Caillou (QG de Napoléon lors de la bataille de Waterloo) à Genappe.

Dès la fondation, la société prend contact avec Lucien Laudy, conservateur du Musée du Caillou à Vieux-Genappe qui fournit les documents nécessaires pour la coupe des costumes et le moulage des aigles du drapeau et des gibernes. Lucien Laudy sera d’ailleurs nommé colonel-général du régiment en remerciement de son action. On effectuera de patientes recherches au Musée royal de l’Armée à Bruxelles et à celui des Invalides à Paris. Ainsi, en possession d’une solide documentation, Madame Prévot confectionne les vestes et les pantalons collants, Madame Proër réalise les plaques des colbacks tandis que Maurice Masson s’attelle à la copie des aigles. De son côté, le président Gabriel Dosogne se charge de taquiner la muse et compose Le chant des Grenadiers.

Fernand Thon peint le drapeau, réplique exacte du drapeau du régiment portant diverses citations: «Marengo, Iéna, Austerlitz, Friedland, Eckmühl, Essling, Wagram, Vienne, Berlin, Madrid». L’autre face porte l’inscription «Garde Impériale – L’Empereur des français au 1er Régiment des Grenadiers à pied».

Uniformes et armement ont été réalisés dans le même esprit d’authenticité: du fusil à baïonnette au sabre-briquet des grenadiers, de la hache des sapeurs au sabre droit des officiers et sous-officiers, tout atteint un niveau de qualité jusque là jamais égalé au sein du Tour. Le 1er régiment des Grenadiers à pied entre dans les rangs de la Madeleine en 1947.

Jusqu’en 1958, la société ne comptera que des grenadiers à pied accompagnés d’une batterie de fifres et de tambours. L’année suivante, se forme un rang de sapeurs qui se distinguent des grenadiers par le port de la hache et du tablier en cuir blanc notamment.

En 1962 et 1963, trois nouvelles tenues viennent compléter le tableau: l’empereur dans la tenue de colonel du régiment des Grenadiers à pied, un maréchal d’Empire, et les Fusiliers-grenadiers coiffés du shako.

Jean Proer et Marcel Labaisse seront les premiers à tenir le rôle de l’empereur et du maréchal avant que l’État-Major impérial ne se complète des maréchaux Davout, Mortier et Ney, du prince Eugène de Beauharnais, beau-fils de Napoléon et du Mameluk Roustan. Philippe Sclaubas, entré en 1967, sera l’empereur à partir de 1983.

En 1981, le drapeau de la fondation entre dans le musée privé des Grognards après trente-quatre ans de bons et loyaux services. Le second emblème, identique au précédent, est remis à la société par l’artiste-peintre Léon Sartiau, lors des fastes du 2 mai 1981.

Une tradition chère aux Grognards remonte au texte de la convocation adressée par le Comité provisoire de 1946 précisant que «après avoir reçu la médaille traditionnelle, les grenadiers se réuniront en un local privé où une sauterie sera organisée à l’intention des membres et de leurs épouses.» Cette soirée qui se tient aujourd’hui chaque mardi de la Madeleine consiste en un souper dont le menu est, depuis plusieurs années, un cochon de lait rôti au feu de bois.

Une autre tradition propre à la Société est l’octroi d’un chevron d’ancienneté placé sur la manche gauche de l’habit aux membres qui comptent cinq années de participation aux activités du groupe avec toutefois un maximum de trois chevrons. Cette distinction est limitée aux grenadiers et aux sous-officiers.

Ambassadeurs de la Madeleine depuis leur création, les Grognards participent aux grandes marches militaires de l’Entre-Sambre-et-Meuse comme la Saint-Roch à Thuin et à Ham-sur-Heure, la Trinité à Walcourt ou la Saint-Feuillen à Fosses-la-Ville. En outre, ils participent à la commémoration annuelle de la dernière victoire de l’empereur à Ligny et effectuent de nombreux déplacements en Belgique et à l’étranger.


©Amis de la Madeleine 1993, 2003
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